Lutte contre la verse

La verse peut avoir des origines différentes, soit parasitaires, soit non parasitaires.  Dans le second cas, elle peut être provoquée par des mauvaises conditions climatiques (orages violents, pluies battantes, rafales de vent…) ou induite par de mauvaises pratiques culturales.

Le risque de verse est particulièrement à prendre en considération dans les semis précoces et dans les champs à disponibilités élevées en azote minéral.  C’est notamment le cas lors d’apports importants de matières organiques au cours de la rotation et/ou de précédent du type légumineuse, colza, pomme de terre.  Il conviendra d’être attentif à la fertilisation azotée dans des systèmes de cultures excluant l’emploi d’anti-verse.

Pour lutter efficacement contre la verse, il faut à la fois prendre des précautions en choisissant un itinéraire cultural adapté et utiliser judicieusement les produits régulateurs de croissance.

Les précautions à prendre pour limiter le risque de verse

  • Choisir une variété résistante à la verse

Dans les situations à risque (forte disponibilité en azote), il est impératif de choisir une variété résistante à la verse.  La résistance variétale à la verse n’est pas forcément liée à la taille de la variété.  En effet, certaines variétés de grande taille présentent un très bon comportement vis-à-vis de la verse.

  • Modérer la densité de semis

Plus le nombre de tiges par m² augmente et plus le risque de verse s’accroît.

  • Raisonner la fumure azotée

Il convient d’éviter les apports excessifs lors des applications de tallage et de redressement (1ère et 2ème fractions) car de trop fortes fumures à ce stade entraînent des densités de végétation excessives.  En cas de disponibilité importante en azote, l’apport de la fumure azotée en deux fractions sur une base de 80-105 unités d’N, respectivement aux stades tallage-redressement et dernière feuille, est conseillé, en veillant à bien apporter les corrections nécessaires lors du calcul de la fumure.

Les traitements régulateurs de croissance

Les traitements régulateurs de croissance ne permettent pas d’éviter tous les risques. Ils ne corrigent que très imparfaitement le non-respect des précautions au niveau cultural et n’autorisent pas des renforcements injustifiés de densité de semis et/ou de fumure azotée.

  • Appliquer le régulateur sur des céréales en pleine croissance

Les régulateurs de croissance constituent un frein temporaire à la croissance de la céréale.  Il n’est dès lors efficace que si la céréale est en phase de croissance active.

  • Ne pas appliquer le régulateur sur des céréales stressées

Le traitement régulateur risque de n’avoir que peu d’effet sur la résistance à la verse voire même d’avoir des effets négatifs s’il est appliqué sur une céréale qui subit également d’autres stress (faim d’azote, températures trop basses ou trop élevées, sécheresse ou excès d’humidité).

  • Appliquer le régulateur dès que possible

De manière générale, il est conseillé d’intervenir tôt, dans les limites de l’homologation des produits, afin de privilégier l’effet « régulateur » (renforcement de la base de la tige) plutôt que l’effet « raccourcisseur » (réduction de la taille des derniers entre-nœuds).

  • Appliquer le régulateur dans de bonnes conditions

Pour assurer à la fois une bonne efficacité et une parfaite sélectivité d’un traitement régulateur de croissance, les conditions climatiques doivent être favorables à la croissance de la culture, tant au moment du traitement que dans les jours qui suivent.  La température ne devrait pas dépasser 20°C, et l’hygrométrie de l’air être supérieure à 50-60 %.  Il faut éviter de traiter pendant les coups de chaleur.  L’amplitude thermique entre le jour et la nuit ne devrait pas dépasser 15 °C.  L’efficacité du traitement diminue en condition de déficit hydrique au moment du traitement.

 

Froment

Escourgeon