18 Fév 2020

Ramulariose

Ramulariose

La ramulariose est causée par le champignon ascomycète Ramulario collo-cygni.

Généralités

La ramulariose est devenue de plus en plus dommageable en escourgeon au cours des dernières années, et surtout en Europe du nord.  Les variétés les plus sensibles peuvent perdre jusqu’à 1T/ha de rendement du fait de cette maladie.  La ramulariose a pour particularité d’apparaître tard dans la saison.  De récentes études, utilisant des méthodes de détection basées sur des PCR, ont démontré que la maladie se développe en réalité de manière endophyte (systémique et asymptomatique) au sein des plantes durant leur période végétative.  L’apparition des symptômes et la sporulation de Ramularia collo-cygni sont ensuite déclenchées par croissance reproductive (floraison) des plantes hôtes.  Le rôle des conditions environnementales dans l’apparition des symptômes est encore mal connu.  Les grains sont la principale source de propagation de cette maladie.  Elle va se développer au sein des plantules sans produire de symptômes.  Lorsque les feuilles infectées meurent, un changement physiologique du champignon peut induire la production de symptômes et de sporulation constituant ainsi une seconde source d’inoculum.  Enfin les graminées sauvages et les repousses sont également source d’infection.

Symptômes

Les symptômes de la maladie sont de petits spots rectangulaires dont les côtés les plus longs suivent les nervures des feuilles.  Les côtés les plus courts sont plus irréguliers.  Ses tâches nécrotiques sont de couleur brun foncé.  Le tout est entouré d’un halo jaune bien marqué.  Les symptômes peuvent être vus sur les deux faces de la feuille infectée.

A ne pas confondre avec :

  • Les symptômes physiologiques dus à un stress lumineux : ces derniers se présentent comme de petits spots brun très foncé et parfois entourés d’un halo jaune. Ils sont cependant uniquement limités à la surface de la feuille exposée à la lumière et ne se retrouvent pas sur l’autre face.
  • Les taches léopard : certaines variétés peuvent produire des taches brunes plus ou moins grandes, présentant parfois un léger halo jaune, mais beaucoup moins prononcé que la ramulariose.
  • Les brûlures polliniques : lors de la floraison durant une période humide, le pollen peut coller aux feuilles d’orge et favoriser la croissance de champignons saprophytes, de bactéries et de levures induisant de petits points bruns sur la surface de la feuille. Ils sont plus petits que les spots de ramulariose (taille d’un trou d’aiguille).
  • Les taches en réaction à l’oïdium : la plupart des variétés d’orge actuelles résistent bien à l’oïdium. Certaines cependant génèrent des taches en se défendant contre la maladie (oxydative burst).  Ce sont des spots bruns au sein desquels un mycélium blanc (début d’infection de l’oïdium) est visible.

 


Symptômes de ramulariose sur l'avant dernière feuille (F2). Photos prises le 16/06/2016. Source: CRA-W


Symptômes très avancés de ramulariose. L'infection est telle que tous les symptômes se sont fondus en une seule et grande nécrose. Photo prise le 16/06/2016. Source: CRA-W

Période de développement :

Comme expliqué dans le point « Généralités », la ramulariose ne se déclare réellement que lorsque la plante a enclenché sa croissance reproductive.  C’est donc à la fin de l’épiaison qu’une épidémie de ramulariose peut démarrer.  Les symptômes apparaissent très rapidement et l’état de la culture peut changer du tout au tout en une semaine si la protection fongicide n’a pas été suffisante.

Situations à risque :

La ramulariose est une maladie répandue mais assez mal connue.  L’utilisation de variétés résistantes et de semences saines sont les meilleures options pour lutter préventivement contre la ramulariose.

18 Fév 2020

Rouille naine

Rouille naine

La rouille naine du blé est causée par le parasite obligatoire basidiomycète Puccinia hordei.

Généralités

La rouille naine du blé est causée par le parasite obligatoire basidiomycète Puccinia hordei. Cette maladie se retrouve dans toutes les régions du monde où l’orge est cultivée. Bien que le pathogène soit différent, la biologie de la rouille naine est fort similaire à celle de la rouille brune du blé. Elle est cependant plus précoce car elle tolère des températures plus fraîches. La rouille naine est capable de causer des pertes de rendement ponctuellement conséquentes, pouvant aller jusqu’à 30 %. Elle se disperse principalement par le vent même sur de longues distances mais aussi parfois par la pluie (splashing). Son développement est influencé par la température (min 5°C) et l’humidité relative ainsi que la présence d’eau libre sur les feuilles.

Symptômes

Les symptômes de rouille naine sont des pustules orange à brune disposées aléatoirement sur le limbe foliaire. Ces pustules contiennent une poudre brun-orangé composée de spores facilement dispersées par le vent. Cette maladie ne forme pas de spot au niveau de la parcelle et se retrouve partout dans le champ infecté.

 


Symptômes de rouille naine sur l'avant dernière feuille (F2). Photo prise le 25/05/2016. Source: CRA-W


Rouille naine sur barbe d'escourgeon. Photo prise le 18/06/2018. Source: CRA-W

Période de développement

Le pathogène a besoin d’un hôte vivant pour survivre. Entre la récolte et les nouveaux semis, Puccinia hordei utilise des hôtes de transfert parmi les graminées adventices. Le vent transporte ensuite les spores de rouille sur de plus ou moins longues distances jusqu’à de nouvelles plantules d’escourgeon. En sortie d’hiver, des pustules de rouille naine peuvent être visibles sur les plantes mais la maladie ne devient vraiment dangereuse qu’après le déploiement de la dernière feuille. Son développement est ralenti lorsque les températures dépassent les 25°C. Elle est donc capable de se propager jusqu’à la fin de la culture d’escourgeon.

Situations à risque

Le choix d’une variété résistante est un élément primordial lors de l’installation de la culture. En effet, plus la variété est sensible et plus l’épidémie peut commencer tôt dans la culture et donc engendrer des pertes de rendement conséquentes.
Cette maladie est également favorisée par une forte densité de semis et une fumure trop importante, engendrant ainsi une humidité élevée sous le couvert.

18 Fév 2020

Rhynchosporiose

Rhynchosporiose

L’agent pathogène responsable de la rhynchosporiose est un champignon ascomycète hémibiotrophe : Rhynchosporium secalis.

Généralités

La rhynchosporiose est retrouvée à travers le monde et plus particulièrement dans les zones de climat tempéré. Elle est capable de causer des pertes de rendement allant jusqu’à 40 % mais aussi une diminution de la qualité des grains. Ce pathogène a la particularité de se développer sous la cuticule des feuille de son hôte et d’y effectuer un cycle de développement avant l’apparition des premiers symptômes. Tout comme l’helminthosporiose, la majorité de l’inoculum primaire de la rhynchosporiose provient des débris de culture infectés laissés sur le champ. En moindre mesure, il peut provenir des semences infectées. La propagation se fait principalement de proche en proche via les « splash » causés par les gouttes de pluie. Une partie de l’inoculum peut cependant être transportée par le vent sur de plus longues distances sous forme de fines gouttelettes. Rhynchosporium secalis aime les températures fraîches (optimum entre 8 et 10°C) et la présence d’eau libre sur les feuilles pour son développement. En conditions optimales, sa durée de latence est de 31 jours.

Symptômes

Les symptômes foliaires sont irréguliers, desséchés au centre (blanchâtre) et entourés d’une marge brune très marquée et bien délimitée. C’est parfois la base du limbe qui est touchée. Dans ce cas, un dessèchement bordé d’un liseré brun est observé au niveau des oreillettes et de la ligule. La rhynchosporiose contamine d’abord la base des plantes et remonte ensuite les étages foliaires à la faveur des pluies. Il est donc important d’écarter le feuillage pour vérifier sa présence dans une parcelle.


Symptômes de Rhynchosporiose sur les derniers étages foliaires. Photo prise le 25/05/2016. Source : CRA-W.


Symptômes de Rhynchosporiose. Photo prise le 25/05/2016. Source : CRA-W.

Période de développement

Si les conditions automnales s’y prêtent, la maladie pourra déjà s’implanter sur les nouvelles plantules d’escourgeon fraîchement émergées. Ses symptômes seront nettement visibles au début du printemps où elle continuera son développement. C’est à ce moment que les risques d’épidémie sont les plus importants. Sa propagation est fortement ralentie à partir de l’épiaison car les températures au-delà des 20°C lui sont défavorables.

Situations à risque

Les semis précoces et les niveaux d’azote élevés sont propices au développement de la maladie avant l’hiver. Le semis direct ou le travail du sol superficiel qui laisse les résidus de culture sur le sol (paille infectée) sont également des éléments qui favorisent l’infection de la maladie. Enfin il est important d’utiliser des semences désinfectées et une variété résistante.

17 Fév 2020

Helminthosporiose

Helminthosporiose

L’helminthosporiose de l’orge est causée par le champignon ascomycète Pyrenophora teres.

Généralités

L'helminthosporiose est une maladie majeure dans toutes les régions du monde où l’orge est cultivée.  Elle est capable de causer jusqu’à 40 % de pertes de rendement, mais aussi une diminution de la taille des grains, du poids spécifique et de la qualité du malt et du fourrage.  Le pathogène est capable d’infecter les semences, les feuilles et les tiges des plantes d’escourgeon.  La contamination des semences peut constituer l’inoculum initial, mais la majeure partie de l’infection provient des débris d’orge infectés et laissés sur le sol après récolte.  Les spores produites sur ces débris sont transportées par le vent vers les nouvelles plantules d’orge à l’automne.  Durant la saison culturale, les spores sont dispersées par le vent et par la pluie de feuille en feuille et parfois même sur de longues distances.  Le développement de l’helminthosporiose dépend de l’humidité relative (min 80 %), de la température (optimum 20°C), de l’eau libre sur les feuilles et d’autres facteurs environnementaux.

Symptômes

Les symptômes de la maladie se présentent sous forme de nécroses brun foncé, entourées d’un halo jaune et visibles sur les deux faces de la feuille.  Les nécroses sont bien souvent de forme longitudinale et disposées le long des nervures.  Un réseau brun foncé en forme d’échelle se distingue au sein de ces lésions.  La maladie se répartit de façon homogène dans la parcelle atteinte.  L’infection monte du bas vers le haut de la plante.

Symptômes de l'helminthosporiose sur les derniers étages foliaires. Photo prise le 31/05/2018. Source : CRA-W.

Jeunes symptômes d'helminthosporiose photographiés le 09/04/2018 alors que l'escourgeon n'était encore qu'au stade 31BBCH. Source : CRA-W.

Symptômes d'helminthosporiose sur l'avant dernière feuille (F2) le 31/05/2018 alors que la culture d'orge avait entamé le remplissage de ses grains (stade 73 BBCH). Source : CRA-W.

Période de développement

La maladie est capable d’infecter les plantules d’orge avant l’hiver.  Elle se réactive lors de la reprise de croissance mais les attaques sévères commencent réellement après le déploiement de la dernière feuille et jusqu’à la fin de la floraison.

Situations à risque

Les semis précoces et les niveaux d’azote élevés favorisent de hauts niveaux d’inoculum car si le temps est favorable (automne doux et humide), la maladie peut effectuer un à plusieurs cycle(s) de développement avant l’hiver.  Le semis direct ou le travail du sol superficiel qui laisse les résidus de culture sur le sol (pailles infectées) sont également des éléments favorisant l’infection de la maladie.  Enfin il est important d’utiliser des semences désinfectées.

17 Fév 2020

ESCOURGEON

Les maladies de l'Escourgeon

Les escourgeons sont susceptibles d’être attaqués par des maladies cryptogamiques au niveau des feuilles (rhynchosporiose, helminthosporiose, rouille naine, oïdium, grillure et ramulariose).  Ces maladies affectent le rendement de manière directe par la destruction du foliage. 

Chaque maladie possède un cycle biologique propre.  C’est pourquoi l’importance relative des différentes maladies est fortement dépendante du contexte agro-climatique.  La gestion phytosanitaire des céréales ne peut donc que difficilement être optimalisée sur base des seuls conseils généraux tels que ceux diffusés hebdomadairement par le CePiCOP.  L’agriculteur devra toujours utiliser ceux-ci en fonction des conditions phytotechniques de sa parcelle ainsi que de ses propres évaluations sanitaires.

Connaître les pathogènes et cibler les plus importants

Les fiches maladies :

Les fiches maladies reprises dans cette rubrique permettent de mieux connaitre les pathogènes et évoquent les meilleurs moyens de lutte contre ceux-ci.

Helminthosporiose
Rhynchosporiose
Rouille naine
Ramulariose

Sticky
09 Avr 2019

CADCO-actualité-céréales, le C08

Réseau « maladie en escourgeon »

Plus de 60% des parcelles ont atteint le stade 2ième nœud (BBCH 32) …

Réseau « maladie en froment »

La majorité des parcelles (78,5 %) est au stade « fin de tallage » (BBCH 29) …

Point phytotechnique en froment

Avec les températures relativement fraîches (notamment les nuits), les froments …

Point phytotechnique en escourgeon et orges

Les escourgeons se trouvent dans la plupart des parcelles au stade 1er nœud (31) …

Actualisation des listes des produits autorisés en céréales

Vous trouverez les listes des produits autorisés en céréales réalisées à partir des données du Phytoweb, …

 

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Le prochain avertissement est prévu pour au plus tard le 16 avril.

Sticky
02 Avr 2019

CADCO-actualité-céréales, le C07

Réseau « maladie en escourgeon »

La majorité des parcelles sont actuellement au stade 1er nœud (31) …

Veille concernant la rouille jaune en froment

Des pustules de rouille jaune sont visibles notamment sur des variétés résistantes, …

Point phytotechnique en froment

Les semis réalisés durant le mois d’octobre sont proches du stade « épis à 1 cm » …

Actualisation des listes des produits autorisés en céréales

Vous trouverez les listes des produits autorisés en céréales réalisées à partir des données du Phytoweb, …

 

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Sticky
26 Fév 2019

CADCO-actualité-céréales, le C02

Jaunisse nanisante : constat partiel de sortie d’hiver

Les observations des deux dernières semaines dans les céréales montrent  …

Conditions propices à la lutte contre les adventices ?

Les belles journées que nous connaissons actuellement  semblent propices au désherbage …

Actualisation des listes des produits autorisés en céréales

Vous trouverez les listes des produits autorisés en céréales réalisées à partir des données du Phytoweb, récemment remises à jour : les herbicides, fongicides …

Herbicides céréales dont la date de fin d’utilisation autorisée est connue

en 2019 : ALISTER (30/09) ; ATLANTIS WG (30/09) ; …

Stade phénologique et fertilisation azotée

Si les conditions sont clémentes, les céréales ne sont pas outre mesure en avance sur une année habituelle…

 

Mesures visant à réduire l’impact des pesticides et entrées en vigueur …

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Le prochain avertissement est prévu pour au plus tard le 05 mars.